Le nouveau Conseil national de sécurité semble sur les rails (PAPIER D'ANGLE)
Par Hervé ASQUIN | PARIS, 14 mai 2007 (AFP)
Le nouveau Conseil national de sécurité (CNS), voulu par Nicolas Sarkozy sur le modèle américain, semble bien sur les rails: l'actuel ambassadeur de France à Washington Jean-David Levitte serait pressenti pour en prendre la tête. Au cours de sa campagne, le président élu avait fait du CNS le chaînon manquant entre les services de renseignement et la diplomatie. "Plus que jamais, nous devons avoir une approche globale des enjeux de notre sécurité", avait plaidé le candidat Sarkozy.
"Sécurité intérieure,
politique extérieure,
défense militaire et
défense civile ;
toutes ces dimensions sont de plus en plus imbriquées et interagissent entre elles". Placé auprès du président de la République, comme aux Etats-Unis mais aussi en Russie ou en Allemagne, le CNS doit devenir selon lui, "l'instance centrale d'analyse, de débat et de réflexion en matière de sécurité et de défense, en période normale comme en période de crise".
Le CNS se réunirait à intervalles réguliers pour asseoir la politique de défense,
internationale et
de sécurité ou
analyser les informations collectées par les services de renseignement.
Mais il serait également mobilisé en situation de crise :
actions terroristes,
prises d'otages de Français à l'étranger,
conflits impliquant la France,
opérations extérieures...
Pour le moment, ces attributions sont éclatées entre
la cellule diplomatique de l'Elysée,
l'état-major particulier du président et
le très discret Secrétariat général de la défense nationale (SGDN) et ses 560 agents.
Placé sous la coupe du Premier ministre, cet organisme agit cependant d'ores et déjà en liaison étroite avec la présidence. Créé en 1962, il assure le secrétariat des Conseils de défense, réunis autour du président et qui seraient appelés à disparaître au profit des réunions du CNS, ainsi que la coordination des services de renseignement, dont certains pourraient à terme se rapprocher, voire fusionner.
Pour Pierre Lellouche, délégué général de l'UMP pour la Défense et "père" du CNS à la française, le SGDN cumule une "stratification historique de missions hétéroclites qui vont de l'intelligence économique aux écoutes en passant par l'analyse stratégique et le renseignement". "Il est nécessaire que le président ait autour de lui une masse critique de cerveaux pour préparer les décisions", a expliqué lundi à l'AFP le député de Paris, observant qu'il "n'y a même pas de +situation room+ à l'Elysée, de lieu pour abriter une cellule de crise".
La création du CSN passerait toutefois par un savant et probablement douloureux dépeçage du SGDN et une redistribution des cartes, au coeur même de l'appareil d'Etat et de l'Elysée où les fonctions de la cellule diplomatique devraient être redéfinies. "Au début, il y aura évidemment des problèmes de périmètre", reconnaît M. Lellouche. Dans son esprit,
"un directeur du renseignement siégeant au CNS aurait pour tâche de mieux faire travailler ensemble les différents services" et le chef d'état-major des armées "deviendrait le véritable et seul patron militaire". Le Conseiller national de sécurité devrait par ailleurs "avoir rang de ministre pour pouvoir parler d'égal à égal avec les ministres concernés".
Quant au SGDN, il ne serait plus que "l'armature de la future agence de défense civile chargée de préparer les plans pour parer aux attaques terroristes ou aux grandes pandémies". A en croire M. Lellouche, tout ceci pourrait se faire très vite même s'il faut en passer par la loi. "Si le président le souhaite, c'est l'affaire de quelques semaines", assure-t-il. ha/so/ei AFP
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