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Nucléaire et armements en Inde: Kouchner a préparé la visite de Sarkozy
NEW DELHI (AFP) — Le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner, en visite en Inde, a préparé celle du président Nicolas Sarkozy fin janvier, qui sera centrée sur le nucléaire civil, mais le ministre s'est heurté au très concurrentiel marché indien de l'armement.
Le chef de l'Etat se rendra à New Delhi le 24 janvier avec l'espoir que New Delhi signe d'ici là un accord avec l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), préalable indispensable à une coopération franco-indienne dans le nucléaire civil, a annoncé vendredi M. Kouchner.
Pendant deux jours, il a plaidé pour que le géant asiatique, aux besoins énergétiques colossaux, entre dans le club mondial des "Etats nucléaires" civils, en scellant des accords avec les Occidentaux.
"Nous sommes favorables à la signature d'une sorte d'accord stratégique (sur le nucléaire civil)", a déclaré à la presse M. Kouchner. Mais "il faut d'abord que l'Inde soit en règle avec l'AIEA et ensuite qu'elle signe son accord avec les Etats-Unis. Et nous voulons le même", a-t-il dit à l'AFP.
L'Inde négocie avec l'agence de l'ONU l'application d'un accord sur le nucléaire civil, conclu entre 2005 et 2007 mais pas encore parachevé, avec les Etats-Unis.
Ce pacte historique est la pierre angulaire du rapprochement diplomatique entre les deux pays. Il permettra à l'Inde, si le Congrès américain l'approuve, de bénéficier de combustible, technologie et réacteurs nucléaires civils américains.
En échange, New Delhi, puissance atomique qui refuse d'adhérer au Traité de non prolifération nucléaire (TNP), devra placer ses réacteurs civils sous le contrôle de l'AIEA.
La France et le groupe Areva, mais aussi la Russie ou l'Allemagne, espèrent un succès de ces pourparlers avec l'AIEA pour pouvoir sortir leurs propres accords et vendre des réacteurs à l'Inde.
En revanche, pour le juteux marché indien de la défense, le séjour de M. Kouchner a été plus difficile.
Il a déploré l'annulation le 6 décembre par New Delhi d'un appel d'offres de 600 millions de dollars, remporté en février par le constructeur d'hélicoptères Eurocopter pour équiper l'armée indienne de 197 appareils, à cause de "vices de procédures" dans le processus d'attribution et à la suite d'allégations de "corruption" dans la presse.
Un nouvel appel d'offres sera lancé en 2008.
"Je ne suis pas satisfait (...) mais nous gagnerons une nouvelle fois, en dépit de la concurrence", a promis M. Kouchner, après avoir vu le Premier ministre Manmohan Singh et son homologue Pranab Mukherjee.
La filiale d'EADS avait battu l'américain Bell et le russe Kamov, mais tout avait été suspendu en juin après l'ouverture d'une enquête sur un lien familial entre un membre du comité d'évaluation du ministère indien de la Défense et le distributeur local d'Eurocopter.
New Delhi a interdit le recours à des intermédiaires dans le secteur de la défense à la suite de scandales de corruption présumée dans les années 1980.
Le marché de l'armement en Inde, premier acheteur parmi les puissances émergentes, est évalué à 30 milliards de dollars de contrats d'ici à 2012.
Les groupes français, au troisième rang des fournisseurs d'équipements de défense à l'Inde, espèrent pouvoir rénover les 52 avions de chasse Mirage-2000 exploités par l'armée de l'air.
Et M. Kouchner "espère bien" que Dassault Aviation, avec son Rafale jamais exporté, réponde à l'appel d'offres de 10,2 milliards de dollars que l'Inde a lancé pour acheter 126 avions de chasse.
Mais jeudi, au premier jour de la visite ministérielle, la justice indienne a relancé son enquête sur le versement d'éventuels pots-de-vin par le groupe Thales pour l'obtention en 2005 d'un contrat, en cours d'exécution, pour six sous-marins franco-espagnols Scorpène.
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