1/ Le Conseil de sécurité national sera-t-il une pâle copie du NSC américain ?
2/ Quel est l'intérêt de ce type de structure à la tête de l'exécutif ?
3/ Faut-il voir une coïncidence avec la fusion annoncée des RG et de la DST ?
4/ Les actuels responsables des services de renseignement risquent-ils de changer rapidement avec l'arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy ?
Un Conseil national de sécurité aux contours encore incertains
Philippe Madelin 18 mai 2007
Le futur conseil national de sécurité sera l'expression claire du « domaine réservé » qu'entend se ménager le Président Sarkozy. Ceci après avoir promis juré qu'il ne se l'attribuerait pas, dans un long entretien à la revue « Le meilleur des Mondes » (Automne 2006).
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Contrairement aux attentes initiales ce Conseil national de Sécurité sera pratiquement limité aux affaires étrangères, sans vraie compétence en matière de sécurité intérieure. « Instance centrale d'analyse, de débat et de réflexion en matière de sécurité et de défense, en période normale comme en période de crise », ce sera une sorte de DGSE bis, absorbant en particulier le Secrétariat général de la Défense nationale [SGDN].
Les prérogatives en matière de sécurité intérieure étaient dévolues sous le Président Chirac à un Conseil national de la Sécurité intérieure, animé par le préfet Philippe Massoni.
Sous lâautorité de lâambassadeur Jean-David Levitte, conseiller spécial pour les affaires étrangères, le CNS sera constitué dâexperts. Il doit permettre au Président dâanimer personnellement la politique étrangère et de coordonner les actions de renseignement dans le domaine international. Ce qui nâest pas du luxe dans la mesure où les agences françaises sont à la fois dispersées et dâune efficacité discutable, les attributions étant éclatées entre la cellule diplomatique de l'Elysée, l'état-major particulier du président et le SGDN. Sans compter une multitude de sous-agences éparpillées dans plusieurs ministères.
Avant d'apprécier avec plus de précision le potentiel de ce Conseil, il est nécessaire d'attendre les textes définissant son périmètre précis.
Mais il est évident que le CNS à la française sera sensiblement différent de son homologue américain, constitué des ministres en charge des problèmes de la Sécurité extérieure et intérieur, et dont le principal membre est le Directeur du Renseignement Intérieur qui coiffe la totalité de l'Intelligence Community.
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CNS et reconfiguration du Ministère de l'Intérieur
En matière de sécurité, la reconfiguration du Ministère de l'Intérieur va se développer en même temps que la mise en place du CNS et ce n'est pas un hasard. L'institution du CNS et la réforme du renseignement intérieur vont de pair.
Le choix de Michèle Alliot-Marie pour mener cette action est cependant pour le moins étonnant. En effet, l'ancienne ministre de la Défense n'est pas particulièrement réputée pour sa souplesse, une souplesse dynamique indispensable pour mener les réformes du monde policier à la fois au plan de la sécurité publique et du renseignement.
Voulu depuis longtemps par Nicolas Sarkozy, le rapprochement en vue d'une éventuelle fusion entre la DST, les RG et la Division nationale anti-terroriste dans le cadre d'une éventuelle DGSI (Direction générale de la Sécurité intérieure), va être extrêmement délicat.
Plusieurs ministres s'y sont attelés en vain, le Président Chirac s'y est opposé par tous les moyens. Et le moins qu'on puisse dire est que les fonctionnaires des services marchent à reculons dans cette direction.
Il faudra des trésors de patience pour convaincre de travailler ensemble les silencieux de la DST, les bavards des RG et les officiers de police judiciaire (OPJ) qui fonctionnent tous selon des registres très différents.
On peut interprêter la nomination de Michèle Alliot-Marie comme le maintien de la mainmise sur le domaine de la Sécurité intérieure et du Président Sarkozy, et du préfet Claude Guéant : le nouveau Secrétaire général de l'Elysée a été auparavant, rappelons-le, Directeur général de la Police nationale, et Directeur de Cabinet de Sarkozy au Ministère de l'Intérieur.
S'il apparaît évident que le début du quinquennat va provoquer une valse des patrons dans les grands services de police, à ce jour, un seul fait est certain : la nomination du préfet Bernard Squarcini à la tête de la DGSI est possible, mais reste encore aléatoire. Il est aujourd'hui toujours à son poste de Préfet de police à Marseille.
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