http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3234,36-996202@51-996261,0.html
Anne Lauvergeon, présidente du directoire d'Areva, poursuit sa stratégie de partenariats ciblés, comme pour montrer que la fusion avec Alstom (turbines et trains), étudiée par le gouvernement, n'est pas "la" solution. Le numéro un mondial du nucléaire a confirmé, vendredi 4 janvier, les informations du site Internet de Challenges sur ses discussions avec Vinci, leader mondial de la construction. Sans les présenter, toutefois, comme un contre-feu aux prétentions de Bouygues (actionnaire d'Alstom à 30 %) sur Areva.
"Le capital d'Areva appartient à l'Etat, il fera ce qu'il veut, souligne le porte-parole du groupe nucléaire. Des accords existent déjà avec Bouygues ou l'américain Bechtel". "On a toujours plaidé pour des partenariats à la carte. Avec Vinci, on ajouterait juste une carte dans le jeu", précise-t-il en démentant tout accord d'exclusivité avec ce groupe.
Il n'en reste pas moins que depuis plus d'un an, son concurrent Bouygues veut entrer dans le secteur nucléaire, et qu'une fusion Areva-Alstom lui ouvrirait ce nouveau métier. Le PDG d'Alstom milite aussi pour la création d'un nouveau "champion français de l'énergie". "La France a réussi à le faire dans d'autres domaines, proches des nôtres, Total-Elf, Gaz de France-Suez, rappelle Patrick Kron. Pourquoi ne pas le faire dans le domaine de la génération d'électricité ?"
Le gouvernement n'a toujours pas arrêté sa position. Pour soutenir la politique de développement d'Areva, il peut se contenter d'ouvrir et d'augmenter son capital, dont l'Etat détient l'essentiel à travers le Commissariat à l'énergie atomique. Les patrons d'Alstom, d'Areva et de Bouygues devraient être reçus au ministère de l'économie dans les prochaines semaines.
DES DIZAINES DE CHANTIERS
Mme Lauvergeon s'opposera une fois de plus à toute fusion avec Alstom et défendra l'autonomie d'un groupe qu'elle dirige depuis sa création en 2001. A ses yeux, une entreprise intégrée proposant réacteurs nucléaires, turbines et génie civil n'a pas d'intérêt sur un marché où les appels d'offres sont séparés et où des partenariats avec des sociétés locales sont souvent une obligation.
Vinci pourrait faire des offres communes avec Areva, notamment dans des pays ne disposant pas de l'expertise du leader mondial du BTP (Europe de l'Est, monde arabe). Des dizaines de gros chantiers de centrales vont s'ouvrir au cours de la décennie 2010 : Etats-Unis, Inde, Chine, Grande-Bretagne, pays arabes, Afrique du Sud, Amérique latine... Vinci veut être plus présent sur ce marché, où Bouygues travaille déjà avec EDF, notamment pour le réacteur de troisième génération EPR de Flamanville (Manche).
Vinci n'est pas un nouveau venu dans le nucléaire puisqu'il a participé à la construction de plus de la moitié des 19 centrales françaises. Freyssinet, sa filiale spécialisée dans les métiers de génie civil de haute technicité, a racheté en mai 2007 la société britannique Nukem, qui participe au démantèlement des centrales outre-Manche. Or la vente d'EPR à la Grande-Bretagne est une des priorités d'Areva.
Jean-Michel BezatArticle paru dans l'édition du 06.01.08.
Bonne nouvelle pour l'economie, mais pas forcement pour l'environement.
Posted by: Nom d'un chien | Thursday, 05 March 2009 at 14:01